Lise Dallaire
On nous avait annoncé la fin du monde. On y viendra. Quoi qu'il en soit, plusieurs personnes ne sont pas loin de penser que la fin du monde est arrivée chez eux en premier. Le réchauffement de la planète a connu des hauts et des bas longtemps avant vous et moi. Le recul de la mer de Glace à Chamonix laisse actuellement voir des vestiges humains du Moyen Âge, prouvant que le glacier a déjà fondu davantage à une époque pas si lointaine. Les glaciers sont influencés par tout un ensemble de facteurs physiques et climatiques. Cependant, l'émission des gaz à effets de serre est actuellement la cause la plus importante du réchauffement de la planète et elle est directement reliée à notre mode de vie. Est-il déjà trop tard pour protéger nos précieux arbres, l'intégrité de nos berges, la terre et la mer qui nous nourrissent ? Actuellement, les problèmes ne sont pas à l'étranger, mais ici, chez-nous. Notre belle tranquillité est chose du passé. Nos voisins, nos amis ont été inondés pendant des semaines. Le niveau du lac a monté, produisant entre autres, un recul des côtes, le déversement de la rivière et d'importants dommages aux terres et aux habitations. Nous avions déjà tellement empiété ! Tôt ou tard, nous en subirons tous les effets. La saison des semences a été repoussée, les récoltes reportées et les rendements ont chuté. L'an prochain, et les autres années encore, nous aurons peur que cela se reproduise. Déjà cet automne, nous regardons avec inquiétude la hauteur de l'eau de la rivière. Au fil des millénaires, nos ancêtres ont dû faire face à des changements climatiques importants. Avec des moyens rudimentaires, ils ont su s'adapter, s'abriter, modifier leur alimentation, développer l'irrigation ou migrer. Nous saurons aussi. Mais il faut nous y mettre tous ensemble, sans délai.