Lise Dallaire
Ramasser les poubelles est une tâche détestable. C'est sans doute pourquoi, après les avoir vidées, certains éboueurs les lancent n'importe où : dans les plates-bandes, les clôtures, au milieu du trottoir ou dans les entrées de garage. De retour le soir, le malheureux payeur de taxes laisse son auto en marche au milieu du trafic, ramasse sa poubelle, dégage et rentre chez lui, mécontent. Depuis peu, nous apprenons à récupérer. Ma sœur Françoise était experte, ayant vécu en Allemagne il y a 40 ans. Déjà, il fallait rincer les contenants et enlever les étiquettes avant de récupérer. Récemment, par chez-nous, sur sa rue, le service s'est arrêté sans préavis. C'est que (soudain) les fils sont trop bas, madame. Bon, Françoise s'en occupe et les compagnies collaborent (!). Elle revient à la charge. Hum... On enverra un enquêteur, mais pourquoi ne pas simplement apporter votre bac sur une des rues voisines ? Wow ! Aujourd'hui, son mari a 80 ans. Ni l'un ni l'autre ne s'estime en mesure de se promener dans la sloche et la neige avec un bac. Sont-ils vraiment si difficiles à contenter ? Les oiseaux noirs (corneilles, étourneaux ?) sont attirés par les sacs à poubelle et en font des confettis malodorants qui s'éparpillent partout. Il faut bien trouver sa pitance quelque part. À un moment donné, leurs propriétaires optent pour une solution simple, rien ne ressemblant plus à une poubelle qu'une autre poubelle. En conséquence, à certains endroits, on se fait piquer sa poubelle (anonyme) en moyenne une fois l'an. Ça ne fait toujours que 143.73 $ par année…, mais croyez-le ou non, les gens s'en plaignent. Difficiles à contenter, je vous dis. Pourquoi ne pas fabriquer des poubelles auto guidées, munies d'un système de repérage ? Plus de problème. Elles rentreraient à la maison, directement, seules et à l'heure.